Guide · Staffing
L'intercontrat se pilote. Il ne se subit pas.
L'intercontrat désigne la période pendant laquelle un consultant d'ESN, entre deux missions, reste salarié sans être facturé à un client. Bien géré, c'est un investissement (formation, avant-vente) ; subi, c'est une perte sèche : un consultant non staffé coûte son salaire chargé chaque mois sans chiffre d'affaires en face.
Intercontrat : de quoi parle-t-on ?
Pendant un intercontrat, le contrat de travail se poursuit normalement : le consultant reste salarié, rémunéré, et l'ESN doit continuer à lui fournir du travail, c'est le cadre du droit du travail. La question n'est donc pas de savoir si l'intercontrat coûte, mais combien de temps il dure et ce que vous en faites. Ce guide prend le point de vue du dirigeant : indicateurs, coût, pilotage, pas le vécu côté consultant.
Le réflexe répandu consiste à viser un taux d'intercontrat le plus bas possible. C'est plus subtil. Une ESN à zéro jour de bench n'a aucune réactivité commerciale : impossible de positionner un profil en quelques jours sur une opportunité, de démarrer une mission au pied levé ou de dégager du temps pour la formation et l'avant-vente. L'intercontrat choisi, certification, capitalisation, aide à la propale, est un investissement. L'intercontrat subi, le consultant fantôme qu'on découvre non staffé au moment du bilan, est une perte sèche. Toute la différence tient à l'anticipation.
Les indicateurs qui comptent.
Quatre indicateurs suffisent pour objectiver le staffing. Tous se calculent à partir des CRA et du plan de charge.
| Indicateur | Formule | À quoi il sert |
|---|---|---|
| Taux d'intercontrat | Jours non staffés ÷ jours disponibles | Mesurer la part de votre capacité qui ne produit pas de chiffre d'affaires sur la période. |
| TACE (taux d'activité congés exclus) | Jours facturés ÷ (jours ouvrés − congés et absences) | L'indicateur de référence de la performance de staffing : il neutralise les congés pour ne juger que l'activité réelle. |
| TACI (taux d'activité congés inclus) | Jours facturés ÷ jours ouvrés totaux | Vision « capacité totale », utile pour projeter le chiffre d'affaires ; mécaniquement inférieur au TACE. |
| CJM (coût journalier moyen) | Salaire chargé ÷ jours travaillés | Le coût d'une journée de consultant. Comparé au TJM, il donne la marge par jour facturé. |
Calculer le coût réel d'un intercontrat.
Un consultant non staffé continue de coûter, chaque mois, son salaire brut chargé plus une quote-part des frais de structure : poste de travail, licences, locaux, fonctions support. Pour estimer le salaire chargé, le simulateur officiel de l'Urssaf donne un ordre de grandeur fiable : selon le niveau de rémunération et les allègements applicables, les cotisations patronales représentent de l'ordre de 25 à 42 % du salaire brut.
Le raccourci le plus parlant passe par le CJM : un mois compte en moyenne 21,7 jours ouvrés, donc chaque mois complet d'intercontrat coûte environ 21,7 × CJM.
Et le coût ne s'arrête pas au salaire : chaque jour de bench doit être absorbé par la marge dégagée sur les consultants staffés. Les discussions de dirigeants d'ESN situent généralement la marge brute du secteur entre 25 et 35 %, à ce niveau, quelques mois d'intercontrat subi suffisent à effacer la rentabilité de plusieurs missions. D'où l'enjeu : voir l'intercontrat venir, pas le constater.
Piloter le staffing dans Lyno.
L'intercontrat subi est presque toujours un problème d'information : la fin de mission était connue, personne ne l'a vue à temps.
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Timeline de disponibilité par consultantQui est staffé où, jusqu'à quand, et qui se libère : la réponse en un écran, pas dans cinq Excel éparpillés.
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Alertes de fin de mission à J-30 et J-15Chaque fin de mission déclenche une alerte : un mois pour repositionner le profil avant le premier jour de bench.
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Vision plan de chargeCapacité disponible contre missions signées, mois par mois : les creux se voient un trimestre à l'avance.
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Suggestions de staffing par l'agent IAL'agent croise profils disponibles, compétences et besoins ouverts, et propose des rapprochements.
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Taux d'occupation suivi en continuTACE et jours facturés calculés depuis les CRA validés, sans retraitement manuel.
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Questions fréquentes.
C'est quoi être en intercontrat ?
Être en intercontrat, c'est être salarié d'une ESN sans être positionné sur une mission facturée. Le contrat de travail et le salaire sont maintenus ; le consultant est disponible pour une nouvelle mission, de la formation ou de l'avant-vente.
Comment calcule-t-on le taux d'intercontrat ?
Taux d'intercontrat = jours non staffés ÷ jours disponibles sur la période. En pratique, suivez-le en parallèle du TACE (jours facturés ÷ jours ouvrés hors congés), qui neutralise les absences et permet de comparer les mois entre eux.
Quel est un bon taux d'intercontrat pour une ESN ?
Il n'existe pas de norme publiée. La bonne cible dépend de votre stratégie : une ESN en croissance accepte davantage de bench pour rester réactive commercialement ; une structure en consolidation le serre au minimum. Suivez la tendance et la durée moyenne de chaque intercontrat plutôt qu'un chiffre absolu.
Quelle différence entre TACE et TACI ?
Les deux mesurent l'activité facturée, mais le TACE exclut congés et absences du dénominateur quand le TACI les inclut. Le TACE juge la performance de staffing ; le TACI, l'utilisation de la capacité totale. Le TACI est mécaniquement inférieur ou égal au TACE.
L'intercontrat est-il payé ?
Oui. Le consultant en intercontrat reste salarié : son contrat se poursuit et son salaire est versé normalement. L'intercontrat n'est ni du chômage ni des congés, c'est du temps salarié non facturé, à la charge de l'ESN.
Voyez l'intercontrat avant qu'il n'arrive.
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